Le communicant, spécimen incompris ?

Le communicant serait-il un incompris… Ce serait un comble ! Et pourtant cette hypothèse n’est pas complètement incongrue tellement le dircom doit sans cesse expliquer le pourquoi -voire le comment- de son action. Et oui, la communication, c’est devenu complexe et a priori cela ne va pas s’arranger !

Un directeur de la communication fraîchement nommé dans ses fonctions me livrait l’autre jour ce témoignage : « C’est fou le temps qu’il faut passer à expliquer notre métier, plutôt qu‘à le faire ! »… Bien sûr, le fait que ce confrère venait tout juste de s’asseoir sur son siège n’était pas pour simplifier les choses. Pour autant, la productivité du communicant semble en effet souvent grevée par cette contrainte, avec laquelle nous devons composer.

Pourquoi cela ? Peut-être parce que la communication -métier au vocable puissamment évasif- est une profession relativement récente et méconnue. Finalement, les premiers dircoms sont apparus dans les années 80, ce qui est récent comparé à des professions plus anciennes et donc plus facilement identifiées par Monsieur et Madame Toulemonde.

Peut-être est-ce aussi car ce métier recouvre environ 3 millions de réalités différentes ? Passons sur l’ambiguïté du terme qui, au-delà d’évoquer nos métiers de la com’, fait aussi référence au secteur des systèmes d’information et autres Local Area Networks (LAN). Même pris au sens strict, reconnaissons que l’éventail des professions de communicants reste vaste, du traditionnel responsable d’édition, graphiste, iconographe, webmestre ou attaché de presse jusqu’au média planneur stratégique, brand manager et concepteur-rédacteur renforcés, ces dernières années, des nouveaux métiers de community manager, trafic manager, etc.

Peut-être est-ce enfin car les métiers de communication, aujourd’hui, sont désormais empreints d’une technicité de plus en plus forte ? Sur le fond, la communication reste une discipline qui s’appuie sur un certain bon sens, la nécessité d’observer continuellement l’environnement et une appétence pour la matière humaine (notre « cible », et désolé pour ce terme un peu hostile !).

Diffuser un message, c’est devenu complexe !

Sur la forme en revanche, diffuser des messages est devenu techniquement franchement ardu : savoir manier la langue écrite et parlée ne suffit plus ! Déjà depuis quelques décennies, le métier supposait d’être rompu aux roughs, BAG, cromalins, taux de conversion, body-copy, diffusions OJD, post-tests, fish-eyes, boiler-plates, balises html, etc.
Aujourd’hui, un communicant prétendant connaître son métier doit avoir aussi une bonne compréhension (à défaut d’en avoir la maîtrise) de ce qu’est un algorithme de moteur de recherche, une campagne SEO, une balise méta, un visiteur unique, un taux de rebond, un gabarit de CMS, une bannière skyscraper, un hashtag ou une base de données multisectorielle de journalistes, entre autres.
Au-delà des techniques propres au métier de communication lui-même, la connaissance de champs techniques complémentaires est devenue aussi un prérequis inévitable : on peut penser par exemple aux problématiques juridiques qui entourent la diffusion de supports d’image (photo ou vidéo), tant en ce qui concerne l’auteur de l’image que ce qu’on voit sur cette image, ou le recueil de données personnelles dans des fichiers de diffusion (la CNIL n’est jamais loin !). On peut penser aussi aux procédures des marchés et autres consultations avec leurs lots de cahiers des charges, cahiers des clauses administratives particulières et grilles d’analyse soumises à des règlementations d’ailleurs évolutives.

Sans que le métier du communicant ne repose sur un background technique digne de celui d’un chirurgien vasculaire ou d’un ingénieur en matériaux électronucléaires, il s’est toutefois accompagné au fil des années d’un corpus de connaissances finalement assez important nécessitant un peu de pédagogie.

Le propre du communicant est donc d’expliquer. Expliquer au public et, pour ce faire, expliquer en amont à celui ou ceux qui valideront le plan de com’ et le budget qui va avec. Souvent utile, cette étape ne sera pourtant pas une fin en soi, sauf pour les communicants à l’éthique triviale, moins intéressés par leur plan de communication que par… leur plan de carrière !

3 réflexions au sujet de « Le communicant, spécimen incompris ? »

  1. Ping : Une communication innovante, ça veut dire quoi ? | La plume connectée

  2. Ping : Innover pour créer l’émotion | La plume connectée

  3. Ping : [startup minute 3/6] Quelle photo officielle ? | La plume connectée

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