La langue la plus joyeuse du monde

150210_credit-PhotlUne étude publiée par l’académie des sciences des Etats-Unis vient d’établir un classement des langues les plus joyeuses. Si vous avez un projet de communication internationale amusante et enthousiaste, cette information vous sera d’une grande utilité. Sinon, c’est aussi l’occasion de se demander quelle langue est la plus parlée, ou la plus internationale ?

Parmi les 6 000 langues parlées dans le monde, l’Espagnol est celle qui dégage le plus de joie et d’optimisme (ndlr : je dois admettre que les cours d’Espagnol que j’ai pu suivre au collège n’étaient pas des plus austères et je comprends maintenant que cela n’était pas seulement dû aux personnalités hautes en couleurs qui me les ont dispensés). Dans ce classement, la langue de Cervantès est tout juste suivie du Brésilien, de l’Anglais et de l’Indonésien. L’étude fait aussi ressortir les langues les moins joyeuses et les plus négatives, parmi lesquelles on trouve le Chinois qui, ironie de la situation, est la langue la plus parlée au monde.

Au-delà du degré de gaieté d’un mode d’expression, une autre question qui titillera le communicant à visée internationale sera de savoir quelle est la langue la plus parlée. Bien sûr, le critère quantitatif a son importance et nos grands champions mondiaux –après le Mandarin donc– sont aujourd’hui l’Espagnol (encore bravo !), l’Anglais, l’Hindi et l’Arabe. Concernant cette liste, l’honnêteté commande de préciser que les chiffres en la matière doivent être interprétés avec précaution, qu’ils ne sont pas forcément très récents (1999) et que l’Espagnol et l’Anglais, selon la source, se disputent la 2e place.

Mais quantité ne signifie pas nécessairement influence ; en tous cas, tout dépend de ce qu’on cherche à influencer. La cible… nous revenons toujours à notre question de cible. Et là, difficile de faire abstraction de l’Anglais –pour quelques années encore sans doute–, langage aussi usité dans la vie des affaires que dans la vie économique plus généralement, ainsi que dans le domaine de la science, de la recherche, des technologies, etc. La dimension « internationale » de l’Anglais découle donc de son niveau d’influence sur la vie économique et sociale du monde.
Cette appellation ne fait pas référence à une langue « de toutes les nations » mais simplement à un mode de communication utilisé de fait par la majorité des personnes ayant des interactions avec des interlocuteurs de pays différents. A ce titre de langue internationale est d’ailleurs associé le titre de « langue la plus torturée au monde » : pratiquée quotidiennement par une incroyable diversité de locuteurs d’horizons divers, elle subit chaque seconde mille adaptations et déformations plus ou moins conscientes, et plus ou moins respectueuses des codes originels d’Oxbridge.

Au contact des souverainetés linguistiques

Le champ opérationnel international de l’Anglais s’arrête ensuite où commencent les autres souverainetés linguistiques. Des territoires comme la Russie ou la Chine (hors Hong Kong bien entendu) ne ressentent pas un intense besoin de recourir à la langue de Shakespeare. La France elle-même, patrie du « ministre Allgood » (souvenez-vous !), accueille avec une bienveillance variable la langue d’outre-Manche en estimant que le Français, fier de sa longue et grande histoire, pourrait tout autant prétendre à l’hégémonie linguistique. Les esprits les plus nostalgiques –et franchement présomptueux au passage…– iront même jusqu’à prétendre que le Français est LA langue internationale de la culture. Rien que cela 🙂  On sait que la langue est un véhicule essentiel des cultures et des civilisations ; on en déduit ainsi qu’il y a autant de « langues de la culture » que de cultures, et qu’il est évidemment vain de vouloir en instituer une qui soit plus importante que les autres.

Ne perdons pas pour autant notre Latin et revenons à nos considérations de communicant ! En termes de diffusion de messages, il n’y a donc finalement a priori aucune langue qui soit internationale mais seulement des langues à large diffusion, dont la couverture géographique et culturelle restera toujours partielle et évolutive. Si le métier de communication est étroitement lié à la vie économique, elle-même très intimement liée aux phénomènes démographiques, il ne reste alors qu’à contempler avec pragmatisme les mouvements en cours… et comprendre qu’on observera probablement bientôt en Afrique, avec la langue chinoise, la même conquête qu’a connue l’Amérique du Nord avec la langue espagnole. Ce n’est pas Shakira qui démentira !

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