Restons à la page, suivons les usages !

DRQuand j’ai commencé en juillet ce petit bavardage sur les innovations en communication, je ne pensais pas me lancer dans une telle affaire ! Et pourtant c’est évident : une question aussi vaste est plus digne d’un sujet de thèse que d’un post de blog amateur :-/ Pas grave, je continue avec aujourd’hui quelques réflexions sur les usages.

 

On parle des usages, on décrypte les usages, on s’adapte (ou pas) aux usages, on essaie parfois même d’influer sur les usages… Ils sont l’épicentre de la révolution dont nous sommes tous aujourd’hui spectateurs. Et le cœur du bouleversement dont nous sommes acteurs dans le monde de la communication. Principal changement de paradigme dans notre métier : la relation aux publics, devenue complètement interactive, empirique et instantanée, crucifiant de fait les postures à sens unique qui ont alimenté le discours communicant ces dernières décennies. Le journaliste et économiste d’origine anglaise Chris Anderson a magnifiquement synthétisé ce nouvel usage à prendre en compte pour les marques, par sa formule désormais célèbre « Your brand is what Google says your brand is ».

Je ne vous l’apprends pas, les plateformes web de tous poils jouent un rôle majeur dans ce mouvement. Boostées aux algorithmes, elles assurent plutôt bien la fonction d’entremetteur entre acheteurs et vendeurs de stylos bille quatre-couleur, portes de garage coulissantes, voyages à Djerba ou assurances-vie. C’est la fonction première des sites commerciaux et c’est devenu aussi une fonction assez décisive –bien que pas toujours très assumée– pour certains réseaux sociaux. Peut-être appellera-t-on bientôt ces derniers les « réseaux commerciaux », pour que ce soit parfaitement clair (!). Au-delà des sites conventionnels et des réseaux sociaux, on côtoie de toute façon d’innombrables variantes de plateformes dont l’ADN est l’hybridation entre plusieurs modèles (le contenu éditorial, la publicité, les informations pratiques, les échanges entre internautes, etc.). Pour ne citer qu’une de ces plateformes hybridées, choisissons un univers aussi convivial qu’une tasse de café fumant : MyStarbucksIdea, qui fédère parallèlement sur Twitter une communauté de près de 52 000 followers. On pourrait commenter « Pas mal, pour un marchand de café !! » mais on le sait, ce que Starbucks vend n’est pas simplement du café. C’est tout un art de vivre façon hipster-urbain-connecté-dans-un-sofa-cosy (et prêt à lâcher 2 ou 3 euros pour se payer un café).

Un web imparfait

Par contre, ces plateformes web globalement bienfaitrices –car facilitatrices– pour le commerce ne le sont pas forcément autant dans le monde de l’information et de l’actu par exemple. Et oui : elles ont ce travers d’offrir surtout à l’internaute ce qu’il cherche et non ce qu’il ne cherche pas… et qui pourrait pourtant le captiver, le nourrir et élargir sa vision du monde ! Amis digital lovers, je vous vois froncer le sourcil alors je vous le concède : le web est encore jeune, on peut donc lui pardonner cette erreur de jeunesse et gager qu’il saura bientôt la corriger. Surtout quand on connaît les valeurs d’ouverture, de curiosité et de liberté qui animent les communautés de l’internet (là, en fait, je m’adresse principalement aux amis hackers… qui n’en sont pas moins digital lovers).

Après le flux, parlons du ton (ne cherchez pas la contrepèterie, ce n’en est pas une). A ces flux virtuels interconnectés entre émetteurs, consommateurs, parties-prenantes, pros, antis, militants, investisseurs paniqués et j’en passe… est associé un ton lui aussi innovant. Un ton très direct et assez informel. Où, comme jadis, la politesse reste de mise, mais sous des formes bien éloignées des « Salutations distinguées » et autres verbiages souvent parfaitement hypocrites qui ponctuaient les échanges épistolaires du siècle dernier 🙂 Une des études de tendances de l’Institut de la Qualité de l’Expression a probablement analysé ces nouveaux codes de ce que j’ai envie d’appeler une certaine « courtoisie digitale ».

La simple prise en compte des nouveaux usages est donc une source assez prolifique d’innovations en communication. Mais en fait, les évolutions d’usages ne se font pas d’elles-mêmes ! Elles sont le résultat d’une foultitude de facteurs qui viennent façonner, par petites touches, notre schéma mental. Et l’un de ces facteurs, vous l’aurez compris, est la technologie. Celle qui nous transforme doucement d’homme « sapiens » en « numericus ».

Alors rendez-vous le mois prochain pour aborder ensemble quelques technologies d’avenir en matière de com’. Bien le bonsoir.

2 réflexions au sujet de « Restons à la page, suivons les usages ! »

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